Rencontrez Carlos, l’entrepreneur

 « Partout je suis Carlos le réfugié. A Singa, on m’appelle Carlos l’entrepreneur »

SINGA : Comment souhaites-tu qu’on te présente ?

CARLOS : Carlos en un mot, c’est un rêveur. C’est quelqu’un qui ne peut pas vivre sans rêves parce qu’il trouve que les rêves c’est le moteur et le sens de sa vie. C’est ce qui le motive à continuer, à se lever tous les matins et malgré toutes les adversités il continue à chercher un but. Et mon but ultime c’est le bonheur. Dans ma conception, le bonheur n’existe que s’il est partagé. Je ne peux être heureux que dans le sens où tous les gens qui m’entourent, les gens qui sont autour de moi sont aussi heureux.

S : Comment as-tu connu Singa ?

C : Du jour au lendemain j’ai été obligé de quitter mon pays, la Colombie, parce que ma vie était en danger. Je suis arrivé en France à la fin de l’année 2011 et j’ai obtenu le statut de réfugié politique en 2012.

J’ai commencé à chercher des associations pour m’engager et c’est comme ça que je suis tombé sur Singa France sur Internet et ce qui m’a plu c’est la conception que les amis de Singa avaient des bénéficiaires. Et quand je suis arrivé à Singa je n’étais plus un bénéficiaire, j’étais une personne comme n’importe qui, une personne qui pouvait mettre au service de n’importe qui ses compétences et même être accompagnée pour la création de ses idées, pour l’accompagnement de ses projets. Ca m’a convaincu de leur esprit. Une fois je suis arrivé on ne m’a pas appelé Carlos le réfugié mais Carlos l’entrepreneur, ça c’est quelque chose qui m’a beaucoup touché et m’a beaucoup ému et encouragé.

Après je suis devenu créateur du projet Waya et quelque temps plus tard je suis devenu le président de Singa.

C : Si tu pouvais changer le monde, que ferais-tu ?

S : Je pense que les choses que je changerais au début je commencerais par l’ignorance des gens c’est-à-dire qu’on ne connait pas l’autre sur base des aperçus et des idées reçues alors que ce qu’on pense n’est pas la réalité. Je pourrais aussi changer aussi l’égoïsme des gens. Parce que dans la mesure où les gens vont partager, la vie sera plus facile, le problème ne sera plus TON problème mais ce sera le problème de tous les gens qui t’entourent, le problème de tout le monde. Et je pense qu’en changeant ces deux choses-là au début, on pourra arriver à changer le monde.

C : Et si tu pouvais changer le sort des réfugiés ?

S : D’abord il faut les mettre en contact avec la communauté d’accueil. Que les Français et les étrangers se rencontrent et créent des liens d’amitié, des liens sociaux. Et une deuxième chose que je ferais c’est réveiller la conscience chez les réfugiés, qu’ils sachent qu’ils sont aussi un élément du changement, c’est-à-dire qu’ils ont aussi le pouvoir de participer dans la création d’une société meilleure.

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