Découvrir la culture de l’autre

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C’est par une après-midi ensoleillée que je me suis rendue à la rencontre de Joseph et Abdullah, binôme CALM vivant ensemble depuis six mois. Alors que j’arrive devant la maison – proche du centre ville de Lille, j’entends une personne qui m’interpelle. Je lève la tête et aperçois un jeune homme par la fenêtre. Il s’agit d’Abdullah qui – accompagné par SINGA – est accueilli chez Joseph. Sympathique et bienveillant, il m’indique le chemin à suivre pour rentrer.

J’arrive à peine devant l’entrée que Joseph m’ouvre grand sa porte, m’invite à entrer et à m’installer dans cette jolie maison fleurie ; maison où il fait bon vivre et où on se sent rapidement à l’aise. Abdullah est également présent et vient me saluer très respectueusement. Abdullah et Joseph avaient préparé mon arrivée. Des boissons et petits gâteaux nous attendaient sur la table. 

Joseph a rejoint le programme CALM après en avoir entendu parler par son mari qui, lui, avait déjà accueilli une personne réfugiée. L’accueil a pour lui été un moyen d’agir, de faire sa part et de concrétiser son engagement personnel, en accord avec ses convictions. Joseph se dit « conscient que la question des réfugiés n’est pas une priorité pour l’État ». C’est une des raisons qui l’ont poussé à agir.

 

Joseph, enseignant au lycée, et Abdullah, en recherche d’emploi

 

Quant à Abdullah, sa motivation première pour intégrer le programme a été sa volonté d’apprendre la langue française. « C’est très difficile d’apprendre tout seul. La langue peut réellement être une barrière dans la recherche et l’obtention d’un travail ». Dans le cadre de leur cohabitation, Joseph l’a beaucoup aidé – notamment pour la prononciation et la construction des phrases. Pour Abdullah, le fait de vivre avec Joseph lui a permis d’acquérir la stabilité pour se consacrer pleinement à ses projets, dont sa recherche de logement et d’emploi. 

Au delà de la langue, cette cohabitation permet a Joseph et Abdullah de se familiariser avec la culture de l’autre. Ils s’apprennent beaucoup. Abdullah, très enthousiaste et non sans humour, dit que grâce à Joseph il a découvert la bonne cuisine Française « comme le gratin et les pâtes ». Et Joseph de lui répondre – avant d’échanger un rire complice – qu’il a également appris la cuisine soudanaise, à savoir les « aubergines pleines d’huile ».

Appréhender la culture de l’autre – une culture qui est totalement différente – ne s’est pas fait du jour au lendemain. Tous deux ont beaucoup travaillé ensemble sur cette question. Aussi bien pour Joseph que pour Abdullah, certaines pratiques issues de la culture de l’autre peuvent parfois paraitre « étranges ». Mais au fil de la cohabitation, on apprend à se connaitre et à communiquer. On s’acclimate au mode de vie de l’autre, et le mode de vie de l’un déteint un peu sur l’autre.

Alors que la cohabitation touche à sa fin, Abdullah me dit qu’il est très heureux, car il a rencontré toute la famille de Joseph et qu’ils sont très gentils. Il me précise que maintenant, il a une famille. La raison de l’arrêt de leur cohabitation ? Abdullah a trouvé son propre logement et, en parallèle, il cherche une formation en informatique. 

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Récit de cohabitation, par Maité B. 

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